Crise du logement au Burkina Faso : protestation à Ouagadougou pour « le droit au logement »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : jeudi 5 avril 2018
CATEGORIE : Articles
THEME : Logement

Des milliers de personnes issues principalement des bidonvilles de Ouagadougou, ont manifesté pacifiquement jeudi à Ouagadougou, en vue de réclamer des « parcelles » ou des « terrains », à l’appel de la Coalition des Associations pour la Défense du Droit au Logement (CADDL).

Scandant des slogans hostiles « aux agences immobilières » et aux « voleurs de parcelles », ces demandeurs de terrains, en provenance des banlieues ouagalaises, étaient massés depuis 7H30 GMT à la bourse du travail au centre-ville.

Vers 9H00, galvanisés par des leaders d’organisations de la société civile dont le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP), ils prennent le chemin du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat (environ 2 kilomètres), souhaitant faire part de leurs « préoccupations » au gouvernement.

Une vingtaine de policiers de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS), à pied et dans un pick-up, devance de loin les manifestants et régule la circulation lors de leur passage dans ces artères embouteillées de Ouagadougou. Sur leur parcours, des curieux aux yeux hagards les contemplent, pendant que des admirateurs leur lancent des cris d’encouragement.

« Dans notre pays, il y a des gens qui ont plus de cinq ou six parcelles … il faut retirer quelques-unes pour ceux qui n’en n’ont pas », estime le gérant d’une agence de voyage, sous couvert de l’anonymat.

Les habitants des zones dites « non loties » espèrent être dotés de parcelles avec les lotissements. Le gouvernement sous l’ex-président Blaise Compaoré, avait suspendu les lotissements, à la suite de nombreux soupçons de malversations attribuées à des conseillers municipaux.

Le gouvernement de la transition qui a pris les rênes de l’exécutif après la chute de Compaoré, a commandité un audit sur l’état des lieux des « non loties », mené par l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE/LC). La « crise du foncier » s’est empirée depuis 2017 avec le boom des agences immobilières.

De nombreuses tensions dans ces quartiers périphériques, ont donné lieu parfois à des affrontements entre riverains.
Jeudi matin, sous un soleil de plomb, les manifestants arrivent devant la cité ministérielle abritant le ministère de l’Habitat et haussent la voix, après environ une heure de marche pacifique.

« Les agences immobilières, à bas ! », lancent-ils fréquemment en présence de ministre Dieudonné Bonanet, sorti pour accueillir les meneurs de la marche.
D’entrée de jeu, il se veut rassurant : « à ce jour, le gouvernement n’a signé aucun contrat de lotissement avec une agence immobilière », dit-il avant de demander le soutien des organisations de la société civile dans ce « processus en cours » visant à résoudre la « crise du logement ».

Après les échanges, les manifestants ont refait le même trajet pour regagner la bourse du travail, avant de se séparer dans le calme.


Hassimi Zouré

« Le terrorisme est avant tout un acte politique, il cherche à provoquer un effet politique. Si, à cause de lui, nous changeons notre société, il est gagnant. Nous vaincrons les terroristes en vivant comme nous le voulons, et non comme ils le veulent, eux. »

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