‘’La République des Corrompus’’ : « On y a mis le cœur et le professionnalisme »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 31 août 2018
CATEGORIE : Articles
THEME : Culture

« La République des Corrompus » ! Votre film tant attendu sera diffusé au Ciné Burkina à partir du lundi 3 septembre 2018. Ce film a mobilisé plus 40 professionnels du cinéma sur le plateau. Des images inédites, de l’émotion forte, de la passion … il se laisse regarder. « La République des Corrompus » vous plonge dans l’univers de la politique africaine qui rime souvent avec des sacrifices de tout genre, dans seul but de préserver le pouvoir. C’est aussi la détermination d’une journaliste, prête à dénoncer les crimes les plus odieux pendant les campagnes électorales. Un politicien véreux prêt à tout pour le pouvoir, une journaliste d’investigation engagée à tout dévoiler, le mari de ladite journaliste qui tient à la vie de sa femme … que des rebondissements tout au long de ce film. Plus de dix courts métrages réalisés, Salam Zampaligré, passionné du cinéma, réalise à travers ce film, le premier long métrage de sa carrière. Il revient sur les conditions de tournage, l’ambiance du plateau et les coulisses.


Pourquoi le titre « République des Corrompus » ?

L’histoire est assez banale. Dans notre quotidien, on se retrouve dans un système où il y a des corrompus, même dans nos propres maisons. La corruption est partout mais dans ce film on est allé à un niveau plus élevé c’est-à-dire qu’on remarque des gestes de corruption tout au long du film mais surtout la corruption au niveau politique. Dans nos pays, les politiciens sont prêts à tout pour préserver ou gagner le pouvoir. Nous avons essayé de voir jusqu’où l’être humain est capable d’aller. C’est donc l’histoire de David Bakuyono qui veut préserver son poste à l’Assemblée Nationale et qui passe par des méthodes peu catholiques pour y arriver. Dans certains pays comme le Mali ou la Tanzanie, pour des questions mystiques ou politique, on sacrifie des Albinos. Dans ce film, il est aussi question d’une jeune journaliste, Yasmine, qui aime très bien son métier, qui me fait penser à Norbert Zongo, qui au risque même de sa vie est allée pour découvrir la vérité.

L’ambiance sur le plateau …

Bravo à Semfilms d’avoir donné cette initiative aux jeunes. C’est une équipe composée à 95% de jeunes. Manu, Inoussa, Aziz et moi-même, sommes tous de la même promotion. Semfilms nous a toujours tendu la perche. L’ambiance sur le plateau était très bonne étant donné que nous sommes tous des compagnons et camarades. Il y avait quelques fois des tensions mais c’est tout à fait normal. Nous avons réalisé ce film avec le cœur en étant très professionnel. Nous avons bouclé le tournage depuis l’année dernière mais tout ça dans l’optique de ne pas se laisser entrainer par la contrainte de temps. Il faut prendre le temps pour bien faire les choses.

Ce qui m’a marqué pendant le tournage, c’est surtout la solidarité. Tout le monde s’y mettait. Il nous arrivait de travailler tard dans la nuit mais toujours avec de belles ambiances. Ce plateau était différent parce que nous n’étions pas dans la tendance où il y a un chef hiérarchique qui donnait des ordres à exécuter. Chacun voulait apporter sa touche…

Quelles sont les valeurs humaines défendues dans ce film ?

Le respect d’autrui. On se demande pourquoi doit-on sacrifier une vie humaine pour un prétendu pouvoir ? Il y a également la liberté d’expression qui est défendue. Dans nos contrées, la liberté d’expression n’est pas respectée et je pense que les journalistes devraient être accompagnés dans l’exercice de leur métier. On devrait les comprendre et ne pas les prendre comme des ennemis parce qu’ils sont là pour éclairer l’opinion publique.

Un appel aux cinéphiles

Je demande aux cinéphiles de se déplacer massivement au Ciné Burkina pour suivre le film. On y est allé avec le cœur et on a fait un beau film.

Interview réalisée par Masbé NDENGAR

« Aujourd’hui encore, il existe hélas une catégorie d’enseignants irresponsables. C’est surtout eux qui sont à la base des échecs scolaires. Le plus grave est que leurs responsabilités sont parfois voilées par le fait qu’ils ont réussi à transférer à d’autres enseignants des promotions entières d’enfants qu’ils ont mal instruits, mal formés, dévoyés sûrement. Les efforts titanesques des enseignants responsables qui tentent de sauver ces malheureux enfants arrivent trop tard, débouchent fatalement sur des échecs. Il n’y a plus que tristesse et abattement chez ceux dont la conscience est encore vivante. »

Thomas Sankara, ‘Appel de Gaoua sur la qualité de l’enseignement au Burkina Faso – 17 octobre 1986’.

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