Côte d’Ivoire : les papos* de la République

PAYS : Côte d’Ivoire
DATE DE PUBLICATION : vendredi 7 juin 2019
CATEGORIE : Blog
THEME : Société

Nous sommes à quelques mois des joutes électorales en Côte d’Ivoire et l’ambiance devient électrique. Pas un seul jour ne passe sans qu’un scandale incriminant des personnalités politiques ne secouent les tabloïds et les réseaux sociaux. Est-ce une nouvelle façon de faire la politique qui voit le jour en terre d’éburnie ?


La nouvelle arme politique des politiques ivoiriens « casser les papos* »

Ces derniers mois, la scène politique est animée par des scandales qui se succèdent. De quoi réjouir les patrons des tabloïds ivoiriens qui n’hésitent pas en faire des gros titres. « Casser les papos » de son adversaire, même au bas de la ceinture, devient une arme politique en Côte d’Ivoire.

Des vidéos compromettantes ou encore des enregistrements sonores se retrouvent sur la place publique. De quoi entacher l’image des personnalités concernées.

L’une de ces vidéos montre un ministre d’État tenant un joint en main. Les médias ont insinué que ce joint était de la drogue alors que les partisans du ministre soutiennent mordicus que c’était une cigarette. Intox ou info ? Difficile de le savoir. Seul le tabloïd en ligne « Le justicier » peut nous dire si le ministre Hamed Bakayoko fume de la drogue ou pas.

La seconde affaire incrimine une autre personnalité de la République à travers une sex-tape qui se retrouve sur les réseaux sociaux. L’homme, cédant probablement à la pression, se masturbe devant une caméra. Certains internautes font de l’humour noir en disant que « le pouvoir se masturbe » avant les élections de 2020, à force de réfléchir à la manière de gagner les élections sans le soutien de Henri Konan Bédié président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire. Comment cette vidéo se retrouve sur les réseaux sociaux ? C’est toute la question. Tous les coups bas sont donc permis. Il se peut que les acteurs de la scène politique s’épient mutuellement pour dénigrer ou détruire l’image voire la carrière de l’adversaire politique.

Les politiques connectés

Depuis un bout de temps on sent un remue-ménage dans la sphère politique ivoirienne. Tous utilisent internet à fond. On peut le dire : Donald Trump a fait des émules en Côte d’Ivoire.

Le premier à s’être illustré est le ministre Alain Lobognon, le député de la ville de Fresco en Côte d’Ivoire. Ce dernier utilise les tweets comme arme politique. Il n’hésite pas à lancer des piques au pouvoir. D’ailleurs, un tweet a conduit Alain Lobognon en prison, à la grande surprise de tous. On peut citer d’autres personnalités actives, comme Mamadou Koulibaly, le député d’Azaguié ou encore le désormais ex-président de l’Assemblée nationale, Soro Kignafori Guillaume, qui twitte régulièrement.

Le net, nouvel observateur des élections en Côte d’Ivoire

Comment truquer les élections en Côte d’Ivoire aujourd’hui revient à chercher de la viande sur un os. Les internautes ivoiriens sont tous des observateurs. On l’a vu lors des dernières élections municipales lorsque les internautes ont réussi à empêcher la fraude. Le cas du plateau est un exemple flagrant (c’est mon avis d’internaute). Le nouveau maire n’a eu son fauteuil que grâce à la mobilisation des internautes jusqu’à son installation. Le nouveau maire Jacques Ehouo peut dire un grand merci aux internautes et à Marc Zuckerberg. On peut dire une chose, vive la démocratie du net en Côte d’Ivoire.

*le fait de révéler les secrets d’une personne.

Article initialement publié sur le blog de Jean Paul Soro

L’État burkinabé a pris des mesures notables pour faire respecter les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles, comme le droit international l’y oblige. Alors que le 1er juin se rapproche, nous espérons qu’il tienne sa promesse de fournir des services de planning familial gratuits et aille beaucoup plus loin afin de garantir que ces services soient véritablement accessibles, et ce de façon équitable, à toutes les femmes et les filles, peu importe où elles vivent, et que les autres obstacles qui entravent l’accès à la contraception, comme le manque d’information, soient éliminés grâce à une campagne globale de sensibilisation au niveau national.

Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

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