Situation des déplacés internes : « soyons les premiers secours d’urgence »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 2 août 2019
CATEGORIE : Articles
THEME : Société
AUTEUR : Masbé Ndengar

L’insécurité causée par les attaques terroristes a occasionné d’énormes mouvements des populations. Plusieurs régions du pays sont touchées notamment le Nord, le Centre-Nord, le Sahel, l’Est, etc. on compte plus de 250 000 déplacés internes de nos jours. Cette situation sécuritaire, selon le Système des Nations unies (OCHA), a rendu plus de 1,2 millions de personnes dépendantes « d’assistance humanitaire ». Il faut donc agir vite. C’est ainsi qu’un collectif d’Organisations de la Société Civile a lancé une action humanitaire citoyenne dénommée « Faisons un Geste », pour collecter les vivres et autres consommables pour venir en aide à ces déplacés internes. Cette initiative a été officiellement lancée le 1er août 2019 à Ouagadougou.

La recrudescence des attaques terroristes a contraint les populations à fuir. Ils sont des milliers à quitter leurs domiciles, à abandonner leurs villages, pour avoir la vie sauve. Si certains sont hébergés sur des sites aménagés par l’État, d’autres non. Ces déplacés ont précipitamment quitté leurs localités sans rien amener avec eux. Leurs conditions de vie sur le terrain sont très précaires, selon les constats que nous avons faits sur le terrain. Ils manquent de tout : abris, nourriture, couvertures, nattes, médicaments, etc. C’est à tous ces besoins qu’il faut satisfaire. Certaines organisations l’ont compris en initiant cette action humanitaire citoyenne qui vise à collecter les vivres et tout le nécessaire au profit des déplacés.

Pour ce faire, tous les citoyens sont invités à faire un geste « sans attendre l’aide extérieure » car « c’est le peuple burkinabè qui constitue le premier secours d’urgence », a confié Luc Damiba, président de l’association Semfilms, en invitant la population à adhérer à cette action humanitaire. Pour lui, chacun doit, comme « le colibri jouer sa partition », petite soit-elle car « tout geste peut contribuer à sauver une vie ».

Alino Faso, connu pour des campagnes similaires, qui a lancé avec Raïssa Compaoré « l’appel du 28 juillet », a en plus rejoint cette initiative. « La situation est extrêmement grave » pour être indifférent, alerte-il, lui aussi, en invitant les citoyens à mettre la main dans la patte. « Notre contribution permettra de limiter le chao », conclue-t-il.

Toutes les contributions, en nature ou en espèce, sont les bienvenues aux différents points de collecte, notamment au Centre National de Presse Norbert Zongo (Goughin), Association des Blogueurs du Burkina (1200 logements, en face du CAMES), Association Semfilms (Zone 1), CODEL (Cissin), Balai Citoyen (Walaghin). Elles sont également recevables par Orange Money : 07 69 41 41 et Mobicash : 01 56 53 56 ou sur Internet : https://www.leetchi.com/c/faisons-un-geste. Pour toute information, veuillez contacter le numéro : 25 40 76 16.

« La paix, c’est aussi l’Iran et l’Irak. Combats fratricides complexes, incompréhensibles ; où l’on ne sait plus qui est dans quel camp, tant les imbrications sont nombreuses. Mais où l’on peut retenir simplement que ces armes dont les cliquetis signifient la mort chantent aussi la tristesse pour les femmes, les enfants, les vieillards, ces armes-là, sont fournies chaque jour par ceux qui se nourrissent du sang des autres, par ceux qui jubilent lorsque le fer tue et que le feu brûle ».

Thomas SANKARA, le 17 novembre 1986 lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou.

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