Covid-19 et don de sang au Burkina : Les femmes albinos volent au secours des malades

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 24 avril 2020
CATEGORIE : Articles
THEME : Santé

Depuis l’avènement de l’épidémie de la maladie à coronavirus au Burkina Faso, s’il y a un secteur qui est vraiment sollicité et aussi en difficulté, c’est le corps de la santé. En effet, avec la fermeture des écoles, des marchés, etc. la collecte de sang pour ravitailler les centres de santé est devenue difficile. Régulièrement, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) appelle les citoyens à donner leur sang pour sauver des vies. C’est pour répondre à cet appel que l’Association des Femmes Albinos du Burkina (AFAB) a organisé à son siège à Ouagadougou, une collecte de sang, le 23 avril 2020.


Le sang manque au Burkina Faso

Le 23 avril 2020, dès 08h, nous avons pris place au siège de l’AFAB. Deux donateurs sont déjà installés et les agents de santé s’apprêtent à leur prélever le liquide précieux : le sang. Pendant ce temps, d’autres donateurs suivent les formalités, en attendant leur tour de prélèvement.

Pour Diakalia TRAORE, responsable de la collecte mobile au profit du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), le constat actuel est celui d’une baisse très importante de la quantité de sang récoltée et donc fournie. « Avec l’épidémie de Covid-19, les collectes mobiles [de sang] qui représentent près de 70% de notre approvisionnement, ne sont plus facilement réalisables. La demande est devenue réellement difficile à satisfaire ». Il ajoute : « En général, nos équipes mobiles sortaient par groupe de quatre et ramenaient en moyenne 200 poches par jour au total. Actuellement, nous sommes très loin du compte avec environ 20 poches collectées par jour…C’est très loin de couvrir les besoins de ravitaillement de nos hôpitaux ».

C’est donc avec satisfaction que le CNTS a accueilli l’initiative de l’AFAB, qui n’est pas à sa première initiative de collecte de sang au profit des malades du Burkina. Les donateurs du jour, à l’image de Roukiatou KALOBA, étaient motivés. Pour elle, c’est avec une grande fierté qu’elle s’est engagée à donner son sang. « Lorsque tu donnes de ton sang, tu le fais pour toi-même, car demain, peut-être que tu seras dans le besoin. Il faut donc comprendre que c’est un acte important car la situation actuelle est encore plus compliquée surtout quand on imagine la situation des malades en ce moment », dit-elle.

Les organisations de la société civile invitées à « s’activer »

DENE Maîmouna est la présidente de l’AFAB. Pour elle, c’est la crise sanitaire due au coronavirus que traverse le monde en général et le Burkina Faso en particulier qui les a motivées à organiser cette activité de don de sang. « Nous savons qu’en cette période, les personnes atteintes d’albinisme rencontrent beaucoup de difficultés liées à leur peau. Les cancers de peau sont aussi fréquents, avec des cas d’enfants de bas âge », confie la présidente de l’AFAB. C’est pourquoi, selon elle, il est important de s’engager davantage pour le don de sang afin de sauver le plus de vies possibles.

La pandémie a déclenché au Burkina Faso un élan de solidarité très remarquable. Les organisation de la société civile (OSC), dès les premières heures, se sont investies dans la sensibilisation des populations, mais également dans la distribution de vivres et de matériels de protection aux populations vulnérables.

Mais, dans le domaine du don de sang, de nombreuses structures trainent encore les pas. Le CNTS a donc saisi cette occasion offerte par l’AFAB pour inviter les OSC à prendre attache avec le centre afin d’orienter certaines actions dans le cadre des dons de sang, volet non moins important de la lutte contre le Covid-19.

Résultat satisfaisant

Au terme de l’activité, 29 poches ont été collectées dont 21 poches validées. Un résultat satisfaisant pour les acteurs. Diakalia TRAORE a tenu à rassurer que les mesures sanitaires sont respectées pour éviter que les donateurs ne contractent la maladie en venant faire œuvre utile. Il faut que les initiatives du même genre soient régulièrement tenues afin de satisfaire la demande de sang.

Aristide OUANGRE

« Le rôle des intellectuels n’est pas de participer à la lutte pour le pouvoir. Encore moins de chercher à l’exercer. Leur rôle est, précisément, de se dessaisir autant que possible de tout pouvoir, de renoncer à l’exercice de tout magistère. Il n’est pas d’interpeller qui que ce soit. Il est de se faire, pour une fois, les maîtres de l’ascèse. »

Achille MBEMBE, historien et politologue camerounais in « Le lumpen-radicalisme et autres maladies de la tyrannie », publié dans le MONDE Afrique

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