Fada N’Gourma : Ressouder les liens par la parenté à plaisanterie

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 26 juin 2020
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Société

Partout au Burkina Faso, la parenté ou l’alliance à plaisanterie entre différents groupes ethniques est une pratique très répandue. Elle consiste en des railleries, des moqueries, des injures et souvent même des corps à corps mais qui en réalité sont rien de bien sérieux, c’est juste pour s’amuser.

Il y a parenté à plaisanterie entre les Gulmancéba installés dans la partie Est du Burkina et les Yaadcé, au Nord. A Fada N’Gourma, les membres de l’association Bulcina Maasuagu – Burkindi Roogmika (BMBR) qui signifie « la culture du Burkina » œuvrent à la préservation et pour la pérennité de cette pratique en laquelle ils voient un important héritage culturel ancestral.

Cette alliance s’inscrit comme un pacte qui exclut toute possibilité de conflit entre ces deux ethnies. Dans le contexte sécuritaire actuel de la région de l’Est, marqué par le terrorisme aux conséquences négatives sur le vivre ensemble, la parenté à plaisanterie reste un outil important pour ressouder les liens. Le groupe Gulmancéba – Yaadcé appelle toutes les communautés alliées à préserver et à promouvoir cette valeur culturelle afin de consolider la cohésion sociale et garantir un vivre ensemble harmonieux.

« Le rôle des intellectuels n’est pas de participer à la lutte pour le pouvoir. Encore moins de chercher à l’exercer. Leur rôle est, précisément, de se dessaisir autant que possible de tout pouvoir, de renoncer à l’exercice de tout magistère. Il n’est pas d’interpeller qui que ce soit. Il est de se faire, pour une fois, les maîtres de l’ascèse. »

Achille MBEMBE, historien et politologue camerounais in « Le lumpen-radicalisme et autres maladies de la tyrannie », publié dans le MONDE Afrique

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